Liberté d’expression absolu-ment pas!

Ce texte critique a été écrit dans le cadre du projet Jeunes en action, programme qui s’adresse aux jeunes de 18 à 24 ans qui ont rencontré des difficultés dans leur cheminement scolaire et/ou professionnel et qui souhaitent se donner un nouvel élan. Bien entendu les opinions exprimées dans ce texte ne représentent pas la pensée du Carrefour jeunesse emploi Rosemont/Petite-Patrie, du Groupe Conseil Saint-Denis, du programme Jeunes en action, ou de ses employé(e)s.

 

Je dois admettre que le titre de cette chronique est assez subjectif ou pas du tout objectif dépendamment du point de vue du lecteur. Mon Mea Culpa terminé, parlons de liberté d’expression et de comment elle est appliquée au Québec en 2015. Remontons un peu le temps, voulez-vous, plus précisément au 7 janvier 2015. Le monde est sous le choc lorsque le fondateur et les chroniqueurs de la revue Charlie Hebdo sont assassinés dans les locaux du journal au nom d’une idéologie religieuse radicale et extrémiste. Leur crime, avoir participé à la publication des caricatures mettant en vedette le prophète de l’Islam, Mahomet. Partout en occident on demande une plus grande protection de notre liberté d’expression et chaque société se demande si elle est exercée dans sa plénitude. Au Québec aujourd’hui est ce que nous disposons du pouvoir de rire de tout ?

La majorité de ses citoyens seraient tentés de répondre expressément par la positive. Étant donné le nombre négligeable de polémique ayant pris place dans notre province et impliquant des humoristes ces dernières années, l’histoire tend à leur donner raison. La plus grande polémique ayant été créé par une blague au sujet de Cédrika Provencher, une gamine ayant été kidnappée et qui ne fut malheureusement jamais retrouvée… Nous avons été témoin de nos comiques, riant des religions, du gouvernement, des handicapés et de plusieurs autres sujets sensibles. Toutes, ou presque, ont été ries et applaudies, mais aucune n’a créé de réelle polémique. Mais il y a deux sujets qui n’ont pas été assujettis à cette liberté d’expression faussement absolue : le référendum et l’importance de la langue française au Québec.

Ces sujets sont d’ordres très polémique et sensible étant donné le sentiment de victimisation des québécois. À titre illustratif, prenons le cas de l’humoriste Sugar Sammy qui a été menacé de mort à cause de certains de ses sketchs. À un point où, pendant un certain temps, les policiers devaient fouiller tous les spectateurs qui désiraient assister à ses spectacles. Le sujet à très peu été médiatisé et lorsqu’il a été, on a surtout reproché à Sugar Sammy le sujet de ses blagues et son dévouement à continuer à les raconter. Il va sans dire qu’aucun journal ni média n’a prononcé les mots « atteinte à la liberté d’expression » malgré que cela en constitue quand même une flagrante…

En conclusion, quel que soit notre allégeance politique, qu’elle soit la séparation de notre grand pays ou, à l’opposé total, qu’elle soit de conserver notre grande Nation unie, grande et forte, je crois qu’il est immoral de ne pas sanctionner toute atteinte à notre liberté d’expression. Je crois en autre que si les québécois pensent qu’il est normal de cracher sur les fondamentaux religieux de certaines personnes comme les prêtres, le Vatican et même le prophète de l’Islam, ils devraient être considérés normal de rire de certaines blagues ayant pour sujet les langues officielles ou un débat de société mort il y a vingt ans.

Philippe-Antoine Morel
Auteur et participant du programme Jeunes en action

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